







INCARCERATION DES PERSONNES SOURDES
L’histoire de David
David a 23 ans et est sourd profond depuis sa naissance. Il est issu d’un milieu psychosocial défavorisé. Ses parents ne connaissent pas la langue des signes.
David a été orienté directement vers l’enseignement spécial où il est arrivé à élaborer un code de communication propre à lui-même.
Ses professeurs constatent très vite un déficit global : manque de repères, faible conscience de son identité et surtout manque de capacité d’intégrer le vécu et les normes de la vie sociale.
Ces derniers feront preuve, pendant toute sa scolarité, d’une bienveillance particulière à son égard.
En juin 2004 David assiste à une violente dispute familiale qu’il ne comprend pas. Ses professeurs s’inquiètent de son changement brusque de comportement. Dans les jours qui suivent, David s’enfuit de nuit et perce les pneus de plusieurs véhicules. La police l’arrête, il est menotté et ne peut plus s’exprimer, il se débat.
La situation s’aggrave, sa conduite est qualifiée de rébellion. Il est présenté devant le juge qui l’arrête et le fait conduire à la prison de Mons.
Suite au rapport d’expertise psychiatrique, David fait l’objet d’une mesure d’internement le 10 septembre 2004. Il sera transféré à l’annexe psychiatrique de la prison. Notons que la Ligue des droits de l’homme conteste cette batterie de tests qui fait appel à une composante verbale et culturelle très importante. Il va de soi que celle-ci s’avère inadéquate en présence de personnes présentant un déficit mental ou des troubles de la communication.
Par bonheur, le conseiller laïc de la prison s’exprime en langue des signes et lui rend visite chaque semaine.
De mon côté, j’obtiens l’autorisation de le rencontrer régulièrement au parloir avocat.
Le conseiller laïc et moi essayons de lui expliquer la gravité de la situation. Mais malgré nos explications, David pense avoir été placé dans un internat différent des autres, plus sévère. Il demande inlassablement pardon et nous avons beaucoup de peine à le consoler.
En 2005, un séjour à l’essai est envisagé dans un premier home. David ne s’y intègre pas et suite à des comportements agressifs répétitifs est reconduit à la prison.
A ce moment, nous nous posons beaucoup de questions. Au cours de nos visites, David nous exprime son attachement à l’égard du personnel de la prison et nous comprenons qu’il souhaite rester à l’annexe psychiatrique. Sa détention a déjà duré trop longtemps, il a peur de ce qui l’attend au-delà des murs de la prison.
En 2006, nous tentons un placement dans un deuxième home. David s’y plaît et comme les autres y jouit d’une grande liberté. Les difficultés surviennent très vite, David ne peut gérer un budget, s’occuper de son appartement… Il s’enfuit avec la voiture d’une éducatrice et essaie de nous retrouver. La police est appelée et retour à la prison.
Après quelques semaines un expert psychologue est désigné et son rapport est pris en considération par la Commission de Défense Sociale. La Commission décide la mise en liberté à l’essai de David.
David a déjà passé 2 années en prison alors que la Convention des Droits de l’homme stipule qu’une personne handicapée ne peut y rester plus de 6 mois.
Peut-être ne le savez-vous pas mais ce cas n’est pas rare en Belgique…
Qu’en est-il des autres ? Si vous avez connaissance d’une telle injustice, n’hésitez à nous en faire part. Il est impératif de le faire savoir.
Son accès à l’écrit est très limité. Il ne peut donc quasiment pas communiquer avec l'extérieur.
Il ne comprend pas les ordres donnés. Il est sujet à toutes sortes de risques parce qu'il n'entend pas les avertissements sonores, cris ...
L'angoisse créée par l'absence totale de communication est très opprimante. Les malentendus surviennent très vite.
Face aux problèmes esquissés, il apparaît que les aumôniers de prisons peuvent jouer un rôle important, sensibilisant l'administration pénitentiaire et les gardiens aux problèmes particuliers des sourds.
Les aumôniers peuvent contribuer à diminuer cet isolement carcéral en favorisant des activités créatrices, culturelles, de formation religieuse intégrant le détenu sourd et sa spécificité culturelle. A travers une série d’attentions ils permettront au sourd incarcéré de pouvoir recréer du lien social... Ces attentions constituent aussi un indispensable préalable à l’assistance spirituelle.
On pourrait très bien imaginer que certains aumôniers apprennent la langue des signes et l’enseignent aux détenus qui le souhaitent.
Danièle Manouvrier
"Oui, Il délivrera le pauvre qui appelle et
le malheureux sans appui.
Il aura pitié du faible et du pauvre, il leur sauvera la vie.
Il les délivrera des gens faux et violents, car leur vie a du prix à ses yeux."
Psaume 72
Signez maintenant en faveur de David.
A l'heure actuelle, 800 personnes handicapées mentales se trouvent en prison.
Merci à Olivier Deville pour l'initiative de cette pétition
Témoignages:
Je connais trés bien David, il est venu à mon travail "Alpha-Signes, rue Piers 48, 1080 Bxl pour apprendre francais et mathématique justement il est trés gentil, mignon, souriant mais
il est malheureux car il se sent seul sans famille mais chance les ami(e)s sourds sont toujours là pour LUI et il a besoin de personne accompagner avec lui pour éviter seul et moins
triste!
Donc pour mettre en Prison c'est insupportable! ce n'est pas pour lui on ne pouvait pas lui mettre en prison n'importe quoi! On doit mettre en sécurité avec la personne sourds comme lui
(mentalité ou groupe sourds comme lui etc...) faut protégé David le plus vite possible!!
Ne laisse pas David vivre en enfer en Prison qui ne convient pas pour lui et c'est pas la raison en Prison il y a autre possibilité pour les handicapés!!!
Merci à vous de continuer se battre pour DAVID !!!
Merci Cordialement mes ami(e)s
Fatiha Mettioui (conseillère communale sourde)
Chers tous,
J'approuve tout à fait ce que Danièle a dit au sujet de notre ami David le 22 octobre 2007. J'ai vu David plusieurs fois et je n'ai jamais oublié une promenade très agréable avec lui et notre
groupe d'amis dans le parc d'Atomium : c'est un garçon très gentil mais je sais bien qu'il a des problèmes psychologiques : il faut bien l'entourer avec affection et l'aider à revivre : il le
mérite mille fois après avoir vécu une enfance rejetée et pleine d'horreurs !!
Donc, j'appuie la réponse de Danièle avec qui nous combattons pour la vie de David ...
Votre ami Bernard le Maire
Programmeur analyste
J'ai rencontré David et souhaite qu'il trouve un endroit où il peut s'épanouir
Heike Pitt
Archéologue, théologue
J'ai vu David trois fois et c'est un garçon qui a besoin beaucoup d'affection et surtout besoin d'être entouré des personnes sourdes pour
lui communiquer pleines de choses. Il faut l'aider à épannouir et je suis sûre qu'il a envie énormement de connaître le monde des sourds plein de vie, de joie, de rencontres intéressantes et de
culture sourde. La langue des signes est très très très importante pour lui c'est le seul moyen de communication pour lui !!!! Je suis animatrice pour enfants sourds et j'ai connu certains
enfants sourds qui ont vraiment besoin de s'exprimer et de comprendre des choses qu'ils n'ont pas bien acquis à cause de la communication inadéquate. La présence des adultes sourds sont très
indispensables car ils sont sensibles de leurs difficultés et capables de résoudre leurs problèmes à cause du manque de connaissance et d'ouverture.
Je vous prie de trouver une place soit dans une famille des sourds ou dans un établissement pour les sourds dont le personnel devrait être plus attentionné et plus de patience pour que David
puisse s'épannouir !!!
Merci et je prie encore à Dieu pour qu'il ne soit pas seul dans sa vie !!!!
Nicole ( femme de Bernard le Maire)
Nicole Depessemier
Animatrice
C'est une vraie injustice et une honte d'enfermer des handicapés mentaux dans les prisons (et David qui est sourd, n'est certainement pas un cas isolé !). Je connais bien David
pour l'avoir maintes fois rencontré, c'est un garçon très gentil, doux et sympathique qui aime rire, jouer, taquiner, rendre service.. Il était toujours content de la visite de ses amis qui le
sortaient pour assister à nos réunions, pour une belle promenade ensemble à l'extérieur. C'est un garçon aussi intelligent qui aime jouer aux dames dont il s'en sort bien souvent vainqueur ! Il a
besoin d'être entouré, d'avoir de l'affection. Bref, son emprisonnement est totalement injustifié ! Sauvons-le !
François Truc
Kinésithérapeute
David est un garçon attachant!
Il était à mon mariage le 28 avril 2007 et il a signé notre livre d'or... Rien que de relire sa signature, ça me fait très chaud au coeur... Il est tellement gentil...
Sa situation actuelle? Incompréhensible! David n'a pas du tout sa place en prison, je ne cesserai de le clamer!
Ensemble, nous pouvons changer cela!
Mbatso-Courtens Elliott
Collaboratrice commerciale
Je suis le mari d'Elliott Mbatso-Courtens. Je partage exactement le même avis qu'elle.
Thomas Courtens
Menuisier
Le handicap sera toujours une différence; étant mamy d'une petite fille sourde profonde il faut toujours être présent pour la défendre.
Bon courage à toi David même si tu n'es pas au courant de cette pétition.
Josianne Denis
Voici mon témoignage pour David.
Bonjour,
Je m’appelle Cathy, mère de 2 garçons de 6 ans et 12 ans.
Je prenais souvent David, le samedi matin, si le beau temps nous permet, nous sortons promener au lacs, dans le cas contraire nous rentrons chez nous, David et mes enfants jouent ensemble pendant que je prépare à manger, ou bien ils dessinent, ou David me demande de l’aider pour écrire une lettre pour Danièle et François…etc. Et après manger, on allait à Mons afin de poursuivre l’étude Biblique, que tous nous faisons attention même David est très intéressé, tous ensemble, on essaie de lui expliquer de nos mieux possibles.
David adore qu’on fait attention à lui, que l’on s’occupe de lui ou de l’aider.
David a toujours été très calme, et adore mes enfants qu’il les a un jour offert un petit cadeau à chacun dont je garderai toujours cette image qui m’a beaucoup touché. Et aussi une autre image, David sautant les parcours d’obstacles à côté de mes enfants. Ce sont trois enfants qui s’amusent.
Il arrive qu’il cherche toujours à comprendre son histoire de son enfance perturbée. Dans ces moments là, il a besoin de s’exprimer.
Je prie pour David qu’il trouve quelqu’un qui puisse lui donner ce dont qu’il a besoin. Besoin de quoi ? De l’affection, de l’éducation, de soin et du temps !
Ni la prison, ni la prison psychiatrie ne lui conviennent !
Merci de votre attention pour David.
Cathy.
Je suis le père de Six enfants, dont deux filles sourdes; je suis scandalisé par cette affaire et par l'attitude de la Justice et de la police de mon pays en qui j'ai pourtant
confiance; comment ne pas avoir compris que ce jeune garçon avait des problèmes qui, sans les excuser, permettaient de justifier son attitude
Guy Abrassart
Directeur Service Technique Provincial de Hainaut
Aujourd’hui j’ai rendu visite à David en prison, je lui ai demandé si je pouvais vous faire part de notre entrevue. Il m'a dit oui et ça l'a fait rire parce qu'il a compris
que d'autres pensaient aussi à lui.
Voici:
Les gardiens m’ont expliqué que David les avait fait sourire dernièrement.
En effet, il a dit aux gardiens qu’il voulait porter plainte contre son papa.
Je me suis demandée comment David avait pu leur faire comprendre ça.
Les gardiens m’ont expliqué qu’ils avaient désigné un « servant » pour l’annexe psychiatrique.
Un servant c’est un détenu qui travaille bien en prison et qui a, par exemple, le droit de servir les repas d’une cellule à l’autre.
Figurez-vous que ce « servant » connaît un peu la langue des signes et s’est mis à communiquer avec David au grand étonnement de tous.
C’est d’ailleurs lui qui a rédigé la lettre que je vous ai envoyée, ce que j’ignorais car je ne m’entretiens pas à chaque fois avec les gardiens.
Lorsque David est trop déprimé, les gardiens vont le chercher.
Depuis, David veut être « servant ». Il a dit aux gardiens que lui aussi il travaillait bien en prison et depuis longtemps, ce qui est vrai
malheureusement.
Alors David a dit aux autres détenus de l’annexe psychiatrique qu’il fallait travailler plus. Suite à cela les gardiens ont du le gronder.
David s’est mis à pleurer. Les gardiens m’ont dit que David ne se révoltait jamais et que l’on pouvait comprendre sa demande. Dès qu’on le gronde, il se met à pleurer comme un
enfant.
Ensuite, j’ai demandé à David pourquoi il voulait porter plainte contre son papa. En fait, il ne connaît pas cette expression "porter plainte", il dit que la police doit aller chercher son papa pour le mettre en prison.
Il m’a expliqué que son papa l’avait violemment frappé avec un objet parce qu'il voulait prendre sa famille dans ses bras. Il m’a dessiné l’objet en question, je ne vous dit pas de quoi il s’agit, c’est effrayant.
David a beaucoup pleuré. Il m’a dit : « Toi je t’aime, j’aime Florence, François, Monsieur Michez (il a cité beaucoup de personnes) mais mon papa je ne l’aime pas.
David a raison, ce n’est pas lui qui devrait être en prison.
Il m’a montré le petit bracelet brésilien que lui a offert un gardien. Il a ensuite regardé mes poignets et était triste parce que je n’avais pas reçu de petit bracelet. J’ai eu droit à un bisou sur chaque poignet.
J’ai demandé à David s’il savait que la date de son anniversaire était proche.
Il m’a répondu : « le 14 ou bien le 15 » (c’est le 15 novembre) mais combien je ne sais pas.
Je lui ai expliqué qu’il allait avoir 24 ans puis je lui ai demandé quel âge j’avais. Il m’a répondu : « 24 ».
Je lui ai alors montré mon âge en comptant sur les doigts, il m’a dit « oh la la » et il s’est mis à rigoler.
Les gardiens m’ont dit que David était leur petite mascotte.
Ils m’ont expliqué qu’ils avaient déjà essayé d’alerter les médias concernant David lorsqu’il est arrivé en prison mais sans succès.
Je prie de tout mon coeur pour David Mairaux qui est si innoncent,qui ne recoit pas l'affection maternelle(ni la langue des signes maternelle),qui ne connait pas bien la langue des
signes,ni la langue française,comment se défendre et LA JUSTICE ???
Il ne mérite pas de souffrir encore!!!
Je vous supplie de l'aider,le consoler quant il va mal au lieu de provoquer les problèmes.
j'ai appris qu'il a volé la voiture de l'éducatrice ,mais j'aimerais que celle ci se met à la place de David (qui s'exprime comme un enfant de 5 ans),il suffit de le corriger au lieu de l'amener
en prison?!
Je crois qu'il faudrait trouver des moyens pour le former dans un établissement adapté ainsi être accompagné lors d'une sortie eventuelle ...etc.
JE ME DEMANDE POURQUOI LES MEDECINS ORL NE CONNAISSENT PAS LA CULTURE SOURDE NI UN PEU LA LANGUE DES SIGNES AFIN DE MIEUX INFORMER
A TOUS LES PARENTS D'UN ENFANT SOURD ET LES FAIRE RASSURER AFIN DE MIEUX PROTEGER LES SOURDS DANS L'AVENIR!
AIDE DAVID SVP merci.
Monique Becker
Je m’appelle Florence, actuellement, je suis professeur de langue des signes pour adolescents sourds à Ghlin
A l’époque, j’étais éducatrice dans l’enseignement spécial où étais David.
Là, je l’ai vu grandir, vraiment il était un enfant très mignon avec qui je communiquais en langue des signes.
Il était passionné par la section d’horticulture, il faisait du beau travail.
Il venait aussi au Groupe Biblique pour Sourds, là il était encore plus mignon car il s’exprimait avec des petits dessins …
Vraiment, c’est impensable de le voir en prison, vraiment là, je suis allée deux fois lui rendre visite en prison et c’est honteux de voir un jeune homme comme David effondré et de le voir aussi mal, et il pleure vraiment comme un enfant. C’est vraiment de l’injustice et surtout qu’il n’est pas responsable de ses actes !!
Ce que je souhaite, c’est qu’on le sorte de la prison le plus vite possible pour le placer dans un centre adapté où il aura beaucoup d’affection car il en a énormément besoin et qu’on s’occupe bien de lui.
Chère Danièle, continue à te battre pour David et c’est avec l’aide de Dieu que tu y arriveras et cela avec le Groupe Biblique pour Sourds.
Voici un beau verset biblique : Avec Dieu, tout est possible !
Battons-nous tous ensemble !
S’il vous plaît, aidez David
Florence Musin
Méditation
« ..afin que Ma puissance s'exprime à travers vos faiblesses... » 2 Corinthiens 12.9
Hélène Keller n'avait que dix-neuf mois quand elle contracta la maladie infantile qui la priva de l'ouïe et de la vue. A cette époque, on qualifiait de retardés mentaux les enfants sourds-muets, mais les parents d'Hélène luttèrent contre ce préjugé et engagèrent Anne Sullivan comme professeur particulier de leur petite fille. Grâce à elle Hélène apprit à lire et à écrire en Braille. Elle finit par décrocher un diplôme avec mention à l'université de Radcliffe avant de consacrer sa vie à aider les autres.
Le millionnaire philanthrope Andrew Carnegie lui paya un salaire régulier et de célèbres écrivains comme Mark Twain et Robert Louis Stevenson parlèrent d'elle avec admiration. La plupart des Présidents des États-unis qui furent ses contemporains l'invitèrent à
A douze ans Thomas Edison devint lui aussi pratiquement sourd, au point que ses professeurs suggérèrent qu'il fût placé dans un institut spécialisé. Thomas se servit de son handicap pour apprendre à se concentrer sur son travail et à ne pas se laisser distraire par quoi que ce soit. Cet enfant que l'on avait catalogué comme "presque retardé" offrit au monde plus de mille inventions parmi lesquelles l'ampoule à filament, le phonographe et la caméra !
Comment définir qui, parmi les humains, est "normal"? En fonction de quel critère est-on catalogué comme tel, en fonction de sa taille ou de sa richesse ? En vérité Dieu nous a accordé à tous des qualités et des talents uniques qu'Il veut nous voir exploiter et mettre à profit. Les vrais handicapés ne sont pas les hommes nés avec de graves problèmes physiques ou mentaux, mais plutôt les gens dits normaux qui ont accepté l'apathie et la médiocrité comme parts essentielles de leur vie. Dieu a dit : "Ma puissance s'exprime à travers vos faiblesses" ; vous avez donc le choix entre laisser les difficultés de la vie vous submerger ou leur permettre de vous inciter à lutter et à aller de l'avant. A vous de choisir
Bob Gass
Tu vois ce que je veux dire
(publié en septembre 2006)

Témoignage de Florence
Je m’appelle Florence Musin, j’ai 32 ans. Je suis sourde profonde depuis ma naissance. Mes parents sont entendants. Ma surdité a été diagnostiquée à l’âge de 2 ans et demi, elle est la conséquence de la rubéole contractée par maman pendant sa grossesse.
Permettez-moi de vous décrire, ici, mon parcours scolaire. Dès la maternelle, j’ai été intégrée dans une école ordinaire, j’habitais alors Chimay où il n’y avait pas d’enseignement spécialisé. Par la suite, le passage à l’école primaire a été difficile car je ne pouvais comprendre les explications de la maîtresse. Ma première année s’est, évidemment, soldée par un échec.
C’est alors que mes parents ont pris la résolution de m’inscrire dans une école spécialisée à Ghlin. Nous avons donc étaient contraints de déménager afin de m’éviter un placement en internat. C’est ainsi qu’à l’âge de 7 ans je rencontrais pour la première fois d’autres enfants sourds. Je ne connaissais pas leur langue et me sentais à la fois perdue et fascinée par ce flot de gestes. Très vite, à leur contact, j’appris naturellement la langue des signes car elle n’était pas encore enseignée dans les écoles. A la vue de mes bons résultats scolaires, les professeurs ont suggéré pour moi une intégration partielle. Je me rendais au cours le matin à l’école ordinaire et rejoignais mes amis sourds l’après-midi. Par chance nous étions deux sourdes intégrées dans la même classe. Mais le temps nous paraissait long car l’institutrice expliquait la leçon à l’ensemble de la classe et s’occupait ensuite de nous. C’est pourquoi, dès la 4ème année, mon amie a choisi de retourner dans l’enseignement spécialisé et je l’y ai suivie. J’y suis restée jusque la 4ème secondaire, ensuite, j’ai choisi de suivre une formation de puéricultrice. Heureusement, Les professeurs de l’enseignement spécialisé m’accompagnaient au Nursing. Ils m’aidaient pendant les cours et le soir à la maison. Mais cela suscitait beaucoup de jalousie de la part des autres élèves et malgré tous les efforts et la gentillesse de ma seule amie entendante, je ne me sentais pas vraiment acceptée. Néanmoins, j’étais très motivée et réussissais mes études.
Il me restait deux rêves : retourner dans l’enseignement spécialisé pour y devenir professeur et assister à un culte protestant en langue des signes. Jusque là mes parents joignaient tous leurs efforts pour m’expliquer ce qui était enseigné chaque dimanche.
Peu après avoir été diplômée, j’ai été engagée dans un home pour personnes âgées. J’avais de bonnes relations avec celles-ci mais me sentais mise à l’écart par le personnel. Quelques années plus tard, j’ai été licenciée suite à une restructuration.
C’est à cette époque que j’ai appris l’existence d’un groupe d’étude biblique en langue des signes auquel j’assiste encore régulièrement ce qui me permet, par ailleurs, de m’intégrer au culte.
Dans les jours qui ont suivi mon licenciement, j’ai été contactée par mon ancienne école qui me proposait un travail d’éducatrice. J’acceptais et devins la première personne sourde éducatrice de cette école. Mes relations avec les élèves sourds étaient excellentes, c’est pourquoi je décidai de suivre une formation d’enseignante afin de les aider au mieux. Je réussis mes études malgré toute les difficultés que cela engendrait car je ne bénéficiais pas d’une interprétation en langue des signes mais d’une aide à la prise de notes. Deux années plus tard, j’étais diplômée et dans les mois qui suivirent, j’enseignais la langue des signes à mes chers élèves.
C’est avec l’aide de Dieu que se sont réalisés mes deux rêves…