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Sour profond en prison (23-26/09/07)
Enquête évoquée sur le plateau de "L'info confidentielle Match" sur RTL/TVi le 23 septembre 2007 et publiée dans l'hebdomadaire "La Libre Match", le 26 septembre 2007


Il faut sauver le détenu David. Mais comment ?
 
048239Depuis un mois, David est détenu à la prison de Mons. Un prisonnier très peu ordinaire : sourd profond, ce jeune homme de 23 ans présente aussi des troubles de comportement qui pourraient relever de la psychiatrie. Lorsqu’on lui demande son âge, David est bien incapable de donner une indication précise. Connaîtrait-il la réponse qu’il ne pourrait pas plus la formuler avec des mots qu’avec la langue des signes qu’il ne maîtrise pas. Enfermé dans son monde du silence, il lui est arrivé durant ces trois dernières années de piquer des colères et d’avoir des attitudes provocatrices. Il a cabossé des voitures, il a dégonflé les pneus d’un véhicule de police, il s’est battu dans des centres pour sourds où il résidait. Sont-ce des raisons suffisantes pour faire enfermer David dans l’établissement de défense sociale Les Marronniers à Tournai – là où résident notamment des malades mentaux dangereux, des tueurs tel Derochette –, comme le préconise une décision du 12 septembre 2007 de la commission de défense sociale de Mons ? « Certainement pas. Un tel endroit n’est pas adapté aux sourds. David ne pourra y communiquer avec personne. Il lui faut un personnel spécialisé qui puisse le comprendre, pas des pilules ! », répondent plusieurs thérapeutes et des proches du malheureux. Où devrait-il aller alors ? Existe-t-il une place adéquate pour ce garçon dans les structures d’accueil existantes en Belgique ? Ce n’est pas évident du tout…
 
 
«Autant le jeter aux oubliettes. Ce n’est pas sa place. Il n’y a rien de prévu pour les sourds-muets dans un établissement de défense sociale (E.d.s.) comme Les Marronniers. David n’est pas fou et il est encore très jeune. Il peut apprendre, se stabiliser, trouver une voie vers le bonheur. Mais là, il va s’isoler encore plus, régresser et souffrir. C’est l’équivalent d’une condamnation à mort». Professeur de religion protestante à l’I.p.e.s. (Institut provincial d’enseignement spécial) à Ghlin, Danielle Manouvrier se dit catastrophée par le sort qui attend David M., un jeune homme sourd âgé de 23 ans actuellement emprisonné à Mons dans l’attente de son transfert à l’ E.d.s. de Tournai. Elle a également témoigné ce dimanche de son inquiétude sur le plateau de « L’info confidentielle Match » sur R.t.l.-t.v.i.
 
L’histoire de David est particulièrement douloureuse. Sourd profond, ce garçon est né dans un milieu extrêmement défavorisé. Il n’a jamais pu communiquer avec les membres de sa famille où personne n’a appris la langue des signes. En outre, selon sa maman qui s’exprime assez difficilement, il était régulièrement battu par son père. « Dès la crèche, David a été pris en charge à l’ I.p.e.s. D’emblée, ses professeurs ont constaté qu’il présentait un déficit global : manque de repères, faible conscience de son identité et, surtout, une grande difficulté à intégrer le vécu et les normes de la vie sociale », explique Danielle Manouvrier, qui a fait sa connaissance il y a dix ans.
 
Pratiquant la langue des signes – ce qui n’est pas le cas de David lui-même – ce professeur de religion protestante a pu, au fil du temps, trouver des codes pour communiquer avec ce garçon enfermé dans un monde de silence, de non communication et, c’est évident, de peur et d’angoisse. « Dans notre établissement où les professeurs sont très dévoués et conscientisés par leur mission, David était entouré d’une bienveillance particulière. Je ne dis pas qu’il n’y a jamais des moments de tension ou des difficultés avec lui, mais ce n’était pas plus grave qu’avec d’autres enfants. A l’I.p.e.s., David a notamment appris l’horticulture. C’est une activité qui lui convenait parfaitement bien. Il pouvait y travailler calmement, pendant des heures et des heures. Il en aurait oublié d’aller prendre son repas à midi », raconte l’enseignante.
 
Et puis, en juin 2004, tout a basculé : « A cette époque, il a assisté à une violente dispute familiale. Il n’a pas compris ce qui se passait et cela a provoqué un changement brusque dans son comportement. Une nuit, il s’est enfui. Et il a été retrouvé quelques heures plus tard, dans une rue de Mons, à quarante minutes à pied de l’I.p.e.s. David avait été pris sur le fait alors qu’il crevait les pneus d’une voiture de police. On l’accusait aussi de rébellion parce qu’il s’était débattu au moment où il avait été menotté par les policiers. Il sera finalement accusé d’avoir dégradé pas moins de quarante voitures sur son chemin avec une « masse »... En fait, il avait pris un petit marteau dans l’atelier de l’école ».
 
« David raisonne comme un enfant de 5 ans »
 
David découvre alors un nouvel univers : la prison, à Mons. « Il ne percevait pas la vraie nature du lieu où il se trouvait, croyant que c’était un internat un peu plus sévère », reprend Mme Manouvrier. En un tel endroit, il n’y a évidemment pas de personnes aptes à communiquer avec un garçon qui souffre de surdité profonde ; toute la bonne volonté dont les gardiens de cet établissement pénitentiaire ont toujours fait preuve à l’égard de David ne suffit pas à remplacer le travail d’un personnel spécialisé. Comble de la malchance, le jeune est initialement mal défendu par une avocate pro deo qui n’en a visiblement rien à faire de ce client pauvre et incapable de communiquer. Conséquence : la chambre du conseil renvoie ce jeune homme incapable de décliner son identité ou son âge... en correctionnelle, tel n’importe quel adulte qui serait responsable de ses actes.
 
« Quand j’ai appris cela, je n’en croyais pas mes oreilles », témoigne Danielle Manouvrier. « David raisonne comme un enfant de 5 ans. Un exemple : si vous lui demandez où il habite, il sera bien incapable de vous donner une adresse, que ce soit avec des gestes ou par l’écrit qu’il ne maîtrise pas du tout. Avec ses codes, tout au plus, il pourra dire à quelqu’un qui est formé à l’entendre qu’il réside là-bas, un peu plus loin, quand on tourne dans la rue à droite. Il était bien évidemment incapable de comprendre un tel procès. A vrai dire, on pourrait accuser David de tout et n’importe quoi sans qu’il sache faire valoir un quelconque argument de défense ».
 
L’audience du tribunal se tient le 30 août 2004. A l’époque, le quotidien «La Dernière Heure» consacre un article à l’affaire et son titre est éloquent : « Quelle justice pour un sourd-muet ? De surcroît attardé mental, le jeune homme est abandonné quasi de tous. Procès inadéquat en chambre des vacations ». Danielle Manouvrier, qui a assisté à l’audience publique, estime que « David n’a rien compris de ce qu’on lui voulait. Il bénéficiait certes d’une traductrice en langue des signes très compétente, mais il ne possède pas ce langage, il a ses propres codes ». Procès équitable ?
 
 
 
Le jugement tombe le 10 septembre 2004. David est déclaré irresponsable de ses actes et il est dirigé vers la commission de défense sociale qui devra décider de son orientation. Sa place n’est donc pas en prison, mais c’est là qu’il retourne en attendant qu’on lui trouve une place adaptée quelque part. Il y restera quelques mois avant qu’on le dirige vers La Bastide à Namur, un centre spécialisé qui accueille notamment des sourds souffrant de troubles mentaux. « David était déjà resté trop longtemps en prison et, finalement, il s’était adapté à cet environnement carcéral. Il a donc été désorienté par ce nouveau changement. Il ne s’est pas intégré. Il s’est battu avec un autre résident. Il a plusieurs fois manifesté des comportements agressifs. Retour à la case prison », résume Mme Manouvrier.
Directeur de La Bastide, Luc Walraedt confirme : « On a estimé que David était dangereux pour lui-même et pour les autres. Parmi les personnes qui sont à La Bastide, j’ai des sourds qui sont aussi aveugles. Des gens très fragiles, sans défense. On ne pouvait pas prendre de risques ».
 
En septembre 2005, David bénéficie d’une nouvelle libération à l’essai octroyée par la commission de défense sociale. Avec l’obligation de séjourner au foyer des sourds-muets Pas à Pas à Bruxelles. « David s’y plaisait mais, en même temps, il était loin des quelques personnes qui, comme moi, lui sont proches pour l’avoir suivi pendant longtemps. En avril 2006, je lui ai rendu une visite et, lorsque je suis partie, il a voulu me retrouver. Il est monté dans le véhicule d’une assistante sociale, il a roulé quelques centaines de mètres avant qu’on le retrouve. Le changement de vitesse était cassé. Une plainte a été déposée et il a été renvoyé vers la prison de Mons », explique Danielle Manouvrier.
 
A la mi-mai 2006, la commission de défense sociale se réunit une nouvelle fois et ordonne le placement de David à l’E.d.s. de Tournai au motif qu’« après avoir volé le véhicule de son assistante sociale, il réintégra la résidence. Ensuite, il porta des coups à son assistante sociale qui avait refusé de l’embrasser (...). Son état mental révèle un danger social, il ne respecte pas les conditions qui lui ont été imposées ». Toutefois, elle subordonne cette décision à l’expertise d’un psychologue. Et ce dernier rend un rapport favorable à David le 27 juillet 2006 : désormais, son état mental, qui s’est « suffisamment amélioré », ne nécessite plus qu’il soit envoyé aux Marronniers. Ce qui est entériné le 19 septembre 2006 par la commission de défense sociale. Quatre mois de prison plus tard, le 23 janvier dernier, David est de nouveau accepté à Bruxelles par l’asbl « Pas à Pas ».
 
Valérie Thomas, directrice de Pas à Pas, commente : « Mon opinion sur David a évolué avec le temps. Au début, j’étais de l’avis de Mme Manouvrier, que je connais très bien. Je pensais aussi qu’il souffrait surtout d’une carence affective qui n’avait rien de psychiatrique. Je me disais qu’en l’entourant bien, ce qu’on a fait avec toute l’équipe qui compte quarante personnes, on arriverait à quelque chose. Et donc, nous avons été des repères autant affectifs que d’autorité par rapport à lui. Il avait de très bons contacts avec certains d’entre nous, mais cela n’a pas suffi. Aujourd’hui, je retiens surtout que David a un comportement très provocateur. Les derniers diagnostics le concernant disent qu’il n’est pas psychopathe mais, à mon sens, la question se pose quand même. Il est très calme pendant des périodes relativement longues et puis il semble éprouver le besoin impérieux de faire quelque chose pour que la justice s’occupe de lui. Régulièrement, il cherchait à ce que les policiers lui mettent les menottes en faisant le fou en rue et, quand on le ramenait au centre, il fallait qu’ils les lui retirent non pas devant l’immeuble, mais dans sa chambre, sinon il n’était pas satisfait. Ce comportement est un appel que l’on a mis en rapport avec ce qu’il a vécu avec son père. Il révèle en tout cas une difficulté envers l’autorité. Pour nous, il devenait dangereux. Il sortait la nuit, il allait frapper dans des voitures, des portes de garages. Il provoquait les gens, cela pouvait devenir dangereux pour lui aussi ».
 
« S’il entre à Tournai, il est évident qu’il n’en sortira jamais »
 
Le 28 août 2007, l’échec du troisième placement est donc consommé et, quinze jours plus tard (12 septembre 2007), une nouvelle décision de la commission de défense sociale tombe comme un couperet : « L’intéressé aurait tenté de porter des coups à la responsable de l’institution où il était hébergé ; sa présence au sein de l’institution Pas à Pas n’est plus souhaitée. (...) La commission de défense sociale ordonne la réintégration (sic : il n’y a encore jamais séjourné effectivement) de M. David à l’établissement de défense sociale de Tournai ».
 
« On l’envoie dans le néant. Je ne peux pas y croire. C’est inacceptable ». Danielle Manouvrier n’a pas de mots assez forts pour traduire son désarroi. Elle argumente : « Bien entouré, dans une structure d’accueil à proximité de Mons où des personnes comme moi, des gens qu’il connaît et en qui il a confiance, pourraient venir le voir très régulièrement, je suis certaine qu’il pourrait retrouver un équilibre. Qu’il pourrait apprendre la langue des signes, communiquer et même travailler. Il aurait un avenir, il y aurait de l’espoir. Par contre, s’il entre à Tournai, il est évident qu’il n’en sortira jamais. Cela voudrait dire que la société qui ne trouve plus de place pour lui se contenterait de l’emmurer dans son silence, sans plus personne pour pouvoir communiquer jusqu’à sa mort. Dans le contexte des Marronniers où rien n’est prévu pour les sourds-muets, il va régresser et il deviendra non libérable à tout jamais. Quelle disproportion entre les bêtises commises et la peine infligée. David n’a tué personne ! On ne peut mettre ainsi un gosse de 23 ans sur un chemin de non-retour. Quand je constate qu’un chauffard ivre qui écrase et tue un enfant est, quant à lui, relâché après cinq jours, je m’interroge sur les valeurs prônées dans notre société ».
 
Bien qu’ils n’aient plus voulu de David dans leurs structures d’accueil, Valérie Thomas, la directrice de « Pas à Pas », et Luc Walraedt, le
directeur de « La Bastide », épousent le point de vue de Danielle Manouvrier sur un point essentiel : « La place de David n’est pas du tout aux Marronniers. En tant que sourd profond, il n’y trouvera pas les personnes qu’il faut pour communiquer. C’est une forme d’isolement extrême. Il va tourner en rond », disent-ils tous les deux. Toutefois, leur avis est moins teinté d’espoir. Il pourrait se résumer ainsi : « Tournai, ce n’est pas une bonne solution, mais on n’en voit pas d’autre ».
 
Luc Walraedt précise que, malheureusement, la détresse vécue par David n’est pas isolée : « En ce moment même, j’œuvre pour faire sortir un autre sourd de l’E.d.s. de Tournai afin de lui offrir à La Bastide un accueil adapté à son handicap. Au-delà de ces cas individuels, il faut mettre en avant un énorme problème structurel. Cela fait longtemps que l’on argumente auprès du monde politique pour que soient créés en Belgique des lits spécialisés en psychiatrie permettant un accueil spécifique des sourds qui souffrent de troubles mentaux et qui, pour certains d’entre eux, peuvent présenter un danger pour la société. Un tel centre fermé ne comporterait que quelques places seulement, ces cas ne sont pas si nombreux ».
 
Valérie Thomas confirme : « C’est un vrai drame. Il n’y a pas de centre adapté pour ce genre de pathologie en Belgique. On en viendrait à être réconforté par le fait que David semble se trouver plus à l’aise en prison que partout ailleurs. Mais, bien sûr, ce n’est pas une solution. Sur le plan éthique, ce serait même tout à fait inacceptable ».
 
« De toute manière, en ce qui concerne David, ce n’est pas de psychiatrie qu’il a besoin mais de bienveillance. Un premier rapport psychiatrique était plutôt négatif, mais il a été fait dans des conditions où David ne pouvait comprendre ce qu’on lui demandait. Deux autres rapports d’expertise ont suivi et ils lui sont tout à fait favorables », objecte Danielle Manouvrier.
 
800 détenus ne sont pas à leur place
 
Le premier rapport psychiatrique relève, de fait, que « David est dans un état grave de déséquilibre persistant », qu’« il n’a pas la conscience de mal agir », qu’il souffre d’une « déficience non liée à la surdité mais à un retard mental ». A mettre en balance, donc, avec l’un des rapports qui ont suivi, dont nous avons pu prendre connaissance : « David représente un danger quand il est livré à lui-même sans adulte pour le cadrer et le conseiller ou qu’il se trouve dans un contexte conflictuel ». Mais qui mentionne aussi qu’« un séjour dans une institution lui offrant un encadrement suffisant devrait permettre de réduire la dangerosité manifestée ».
 
Danielle Manouvrier lance donc un appel à toute institution dans les environs de Mons qui serait prête à donner une nouvelle chance à son protégé. L’avocat de David, Jean-Maurice Arnould, précise quant à lui que « Si une structure est prête à accueillir David, j’introduirai immédiatement un recours auprès de la commission de défense sociale pour soutenir la démarche ». Sera-ce la solution ? La bonne option ? Ce n’est évidemment pas à nous de trancher. C’est aux magistrats, aux assistants sociaux, aux médecins et aux proches de David de se positionner. Quoiqu’il en soit, il convenait de briser le silence qui entourait l’histoire de cet homme qui n’a pas la parole.
 
Pour lui, mais aussi pour d’autres qui sont dans son cas. Afin de rappeler qu’en Belgique, en 2007, près de 10% de la population carcérale, soit plus de 800 détenus, est constituée de personnes souffrant de troubles mentaux qui n’ont rien à faire en prison. Un problème dont on est parfaitement conscient au cabinet de la ministre de la Justice, Laurette Onkelinx. Sa porte-parole, Annaïk De Voghel, nous le confirme : « Leur place n’est pas en prison, ils doivent pouvoir bénéficier de traitements adaptés à leur pathologie. Afin de sortir progressivement les internés de prison, où le suivi thérapeutique est insuffisant, des lits M.s.p. (maisons de soins psychiatriques) et des places H.p. (habitations protégées) spécifiques sont en cours de création. Par ailleurs, le circuit de soins externes classique recevra des incitants financiers pour l’accueil d’internés. Ce plan devrait permettre de diminuer de 228 unités le nombre d’internés présents dans les établissements pénitentiaires. A terme, c’est-à-dire en 2010, il devrait libérer 800 places de prison, tout en améliorant le traitement de ce type de détenus ».
20-11-2007, 10:06:02 michelbouffioux
Droits de l Homme   Handicap   Justice   Prisons 


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J’étais en prison...

Mars 2007
(publié le 29 mars 2007).
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INCARCERATION DES PERSONNES SOURDES 

L’histoire de David 

 

David a 23 ans et est sourd profond depuis sa naissance.  Il est issu d’un milieu psychosocial défavorisé. Ses parents ne connaissent pas la langue des signes.

 

David a  été orienté directement vers l’enseignement spécial où il est arrivé à élaborer un code de communication propre à lui-même.

 

Ses professeurs constatent très vite un déficit global : manque de repères, faible conscience de son identité et surtout manque de capacité d’intégrer le vécu et les normes de la vie sociale.

 

Ces derniers feront preuve, pendant toute sa scolarité, d’une bienveillance particulière à son égard.

 

En juin 2004 David  assiste  à une violente dispute familiale qu’il ne comprend pas.  Ses professeurs s’inquiètent de son changement brusque de comportement. Dans les jours qui suivent, David s’enfuit de nuit et perce les pneus de plusieurs véhicules. La police l’arrête,  il est menotté et ne peut plus s’exprimer, il se débat.

 

La situation s’aggrave, sa conduite est qualifiée de rébellion. Il est présenté devant le juge qui l’arrête et le fait conduire à la prison de Mons.

 

Suite au rapport d’expertise psychiatrique, David  fait l’objet  d’une mesure d’internement le 10 septembre 2004.  Il sera transféré à l’annexe psychiatrique de la prison. Notons que la Ligue des droits de l’homme conteste cette batterie de tests  qui fait appel à une composante verbale et culturelle très importante. Il va de soi que celle-ci  s’avère inadéquate en présence de personnes présentant un déficit mental ou des troubles de la communication.

 

Par bonheur, le conseiller laïc de la prison s’exprime en langue des signes et lui rend visite chaque semaine.

 

De mon côté, j’obtiens l’autorisation de le rencontrer régulièrement au parloir avocat.

 

Le conseiller laïc et moi essayons de lui expliquer la gravité de la situation. Mais malgré nos explications, David pense avoir été placé dans un internat différent des autres, plus sévère. Il demande inlassablement pardon et nous avons beaucoup de peine à le consoler.

 

En 2005, un séjour à l’essai est envisagé dans un premier home. David ne s’y intègre pas et suite à des comportements agressifs répétitifs est reconduit à la prison.

 

A ce moment, nous nous posons beaucoup de questions. Au cours de nos visites, David nous exprime son attachement à l’égard du personnel de la prison et nous comprenons qu’il souhaite rester à l’annexe psychiatrique. Sa détention a déjà duré trop longtemps, il a peur de ce qui l’attend au-delà des murs de la prison.

 

En 2006, nous tentons un placement dans un deuxième home. David s’y plaît et comme les autres y jouit d’une grande liberté. Les difficultés surviennent très vite, David ne peut gérer un budget, s’occuper de son appartement… Il s’enfuit avec la voiture d’une éducatrice et essaie de nous retrouver. La police est appelée et retour à la prison.

 

Après quelques semaines un expert psychologue est désigné et son rapport est pris en considération par la Commission de Défense Sociale. La Commission décide la mise en liberté à l’essai de David.

  

 

David a déjà passé 2 années en prison alors que la Convention des Droits de l’homme stipule qu’une personne handicapée ne peut y rester plus de 6 mois.

 

Peut-être ne le savez-vous pas mais ce cas n’est pas rare en Belgique…

 

Qu’en est-il des autres ? Si vous avez connaissance d’une telle injustice, n’hésitez à nous en faire part. Il est impératif de le faire savoir.

 


Problèmes spécifiques des personnes sourdes en milieu carcéral et rôle des aumôniers.
 

L'isolement de David comporte bien des particularités. Il n’a pas accès à la radio; à la télévision. Les conversations des autres détenus lui échappent.  

Son accès à l’écrit est très limité. Il ne peut donc quasiment pas communiquer avec l'extérieur. 

 Il ne comprend pas les ordres donnés. Il est sujet à toutes sortes de risques parce qu'il n'entend pas les avertissements sonores, cris ...

 L'angoisse créée par l'absence totale de communication est très opprimante. Les malentendus surviennent très vite.

 Face aux problèmes esquissés, il apparaît que les aumôniers de prisons peuvent jouer un rôle important, sensibilisant l'administration pénitentiaire et les gardiens aux problèmes particuliers des sourds.

 Les aumôniers peuvent contribuer à diminuer cet isolement carcéral en favorisant des activités créatrices, culturelles, de formation religieuse intégrant le détenu sourd et sa spécificité culturelle. A travers une série d’attentions ils permettront au sourd incarcéré de pouvoir recréer du lien social... Ces attentions constituent aussi un indispensable préalable à l’assistance spirituelle.

 On pourrait très bien imaginer que certains aumôniers apprennent la langue des signes et l’enseignent aux  détenus qui le souhaitent.

 

 Danièle Manouvrier  

   
 

"Oui, Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans appui.
Il aura pitié du faible et du pauvre, il leur sauvera la vie.
Il les délivrera des gens faux et violents, car leur vie a du prix à ses
yeux."

Psaume 72

 

 

 

 

Sauver David, la prison n'est pas sa place !  
Signez maintenant en faveur de David.
 A l'heure actuelle, 800 personnes handicapées mentales se trouvent en prison.
 

Merci à Olivier Deville pour l'initiative de cette pétition 

Témoignages:

Je connais trés bien David, il est venu à mon travail "Alpha-Signes, rue Piers 48, 1080 Bxl pour apprendre francais et mathématique justement il est trés gentil, mignon, souriant mais il est malheureux car il se sent seul sans famille mais chance les ami(e)s sourds sont toujours là pour LUI et il a besoin de personne accompagner avec lui pour éviter seul et moins triste!
Donc pour mettre en Prison c'est insupportable! ce n'est pas pour lui on ne pouvait pas lui mettre en prison n'importe quoi! On doit mettre en sécurité avec la personne sourds comme lui (mentalité ou groupe sourds comme lui etc...) faut protégé David le plus vite possible!!
Ne laisse pas David vivre en enfer en Prison qui ne convient pas pour lui et c'est pas la raison en Prison il y a autre possibilité pour les handicapés!!!
Merci à vous de continuer se battre pour DAVID !!!
Merci Cordialement mes ami(e)s
Fatiha Mettioui (conseillère communale sourde)



Chers tous,

J'approuve tout à fait ce que Danièle a dit au sujet de notre ami David le 22 octobre 2007. J'ai vu David plusieurs fois et je n'ai jamais oublié une promenade très agréable avec lui et notre groupe d'amis dans le parc d'Atomium : c'est un garçon très gentil mais je sais bien qu'il a des problèmes psychologiques : il faut bien l'entourer avec affection et l'aider à revivre : il le mérite mille fois après avoir vécu une enfance rejetée et pleine d'horreurs !!

Donc, j'appuie la réponse de Danièle avec qui nous combattons pour la vie de David ...

Votre ami Bernard le Maire
 
Programmeur analyste

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  J'ai rencontré David et souhaite qu'il trouve un endroit où il peut s'épanouir
Heike Pitt
Archéologue, théologue

 

J'ai vu David trois fois et c'est un garçon qui a besoin beaucoup d'affection et surtout besoin d'être entouré des personnes sourdes pour lui communiquer pleines de choses. Il faut l'aider à épannouir et je suis sûre qu'il a envie énormement de connaître le monde des sourds plein de vie, de joie, de rencontres intéressantes et de culture sourde. La langue des signes est très très très importante pour lui c'est le seul moyen de communication pour lui !!!! Je suis animatrice pour enfants sourds et j'ai connu certains enfants sourds qui ont vraiment besoin de s'exprimer et de comprendre des choses qu'ils n'ont pas bien acquis à cause de la communication inadéquate. La présence des adultes sourds sont très indispensables car ils sont sensibles de leurs difficultés et capables de résoudre leurs problèmes à cause du manque de connaissance et d'ouverture.
Je vous prie de trouver une place soit dans une famille des sourds ou dans un établissement pour les sourds dont le personnel devrait être plus attentionné et plus de patience pour que David puisse s'épannouir !!!
Merci et je prie encore à Dieu pour qu'il ne soit pas seul dans sa vie !!!!
Nicole ( femme de Bernard le Maire)

Nicole Depessemier
Animatrice

C'est une vraie injustice et une honte d'enfermer des handicapés mentaux dans les prisons (et David qui est sourd, n'est certainement pas un cas isolé !). Je connais bien David pour l'avoir maintes fois rencontré, c'est un garçon très gentil, doux et sympathique qui aime rire, jouer, taquiner, rendre service.. Il était toujours content de la visite de ses amis qui le sortaient pour assister à nos réunions, pour une belle promenade ensemble à l'extérieur. C'est un garçon aussi intelligent qui aime jouer aux dames dont il s'en sort bien souvent vainqueur ! Il a besoin d'être entouré, d'avoir de l'affection. Bref, son emprisonnement est totalement injustifié ! Sauvons-le !

François Truc
Kinésithérapeute



David est un garçon attachant!
Il était à mon mariage le 28 avril 2007 et il a signé notre livre d'or... Rien que de relire sa signature, ça me fait très chaud au coeur... Il est tellement gentil...

Sa situation actuelle? Incompréhensible! David n'a pas du tout sa place en prison, je ne cesserai de le clamer!

Ensemble, nous pouvons changer cela!

Mbatso-Courtens Elliott
Collaboratrice commerciale

Je suis le mari d'Elliott Mbatso-Courtens. Je partage exactement le même avis qu'elle.
Thomas Courtens
Menuisier

Le handicap sera toujours une différence; étant mamy d'une petite fille sourde profonde il faut toujours être présent pour la défendre.
Bon courage à toi David même si tu n'es pas au courant de cette pétition.
Josianne Denis

 

Voici mon témoignage pour David.

 

Bonjour,

 

Je m’appelle Cathy, mère de 2 garçons de 6 ans et 12 ans.

Je prenais souvent David, le samedi matin, si le beau temps nous permet, nous sortons promener au lacs, dans le cas contraire nous rentrons chez nous, David et mes enfants jouent ensemble pendant que je prépare à manger, ou bien ils dessinent, ou David me demande de l’aider pour écrire une lettre pour Danièle et François…etc. Et après manger, on allait à Mons afin de poursuivre l’étude Biblique, que tous nous faisons attention même David est très intéressé, tous ensemble, on essaie de lui expliquer de nos mieux possibles.

David adore qu’on fait attention à lui, que l’on s’occupe de lui ou de l’aider.

David a toujours été très calme, et adore mes enfants qu’il les a un jour offert un petit cadeau à chacun dont je garderai toujours cette image qui m’a beaucoup touché. Et aussi une autre image, David sautant les parcours d’obstacles à côté de mes enfants. Ce sont trois enfants qui s’amusent.

Il arrive qu’il cherche toujours à comprendre son histoire de son enfance perturbée. Dans ces moments là, il a besoin de s’exprimer.

 

Je prie pour David qu’il trouve quelqu’un qui puisse lui donner ce dont qu’il a besoin. Besoin de quoi ? De l’affection, de l’éducation, de soin et du temps !

Ni la prison, ni la prison psychiatrie ne lui conviennent !

Merci de votre attention pour David.

 

Cathy.

 

Je suis le père de Six enfants, dont deux filles sourdes; je suis scandalisé par cette affaire et par l'attitude de la Justice et de la police de mon pays en qui j'ai pourtant confiance; comment ne pas avoir compris que ce jeune garçon avait des problèmes qui, sans les excuser, permettaient de justifier son attitude

Guy Abrassart
Directeur Service Technique Provincial de Hainaut
 


Aujourd’hui j’ai rendu visite à David en prison, je lui ai demandé si je pouvais vous faire part de notre entrevue. Il m'a dit oui et ça l'a fait rire parce qu'il a compris que d'autres pensaient aussi à lui.

Voici:

Les gardiens m’ont expliqué que David les avait fait sourire dernièrement.
En effet, il a dit aux gardiens qu’il voulait porter plainte contre son papa.
Je me suis demandée comment David avait pu leur faire comprendre ça.
Les gardiens m’ont expliqué qu’ils  avaient désigné un  « servant » pour l’annexe psychiatrique.
Un servant c’est un détenu qui travaille bien en prison et qui a, par exemple, le droit de servir les repas d’une cellule à l’autre.

Figurez-vous que ce  « servant » connaît un peu la langue des signes et s’est mis à communiquer avec David au grand étonnement de tous.

C’est d’ailleurs lui qui a rédigé la lettre que je vous ai envoyée, ce que j’ignorais car je ne m’entretiens pas à chaque fois avec les gardiens.

Lorsque David est trop déprimé, les gardiens vont le chercher.

Depuis, David veut être « servant ». Il a dit aux gardiens que lui aussi il travaillait bien en prison et depuis longtemps, ce qui est vrai malheureusement.
 Alors David a dit aux autres détenus de l’annexe psychiatrique qu’il fallait travailler plus. Suite à cela les gardiens ont du le gronder.
David s’est mis à pleurer. Les gardiens m’ont dit que David ne se révoltait jamais et que l’on pouvait comprendre sa demande. Dès qu’on le gronde, il se met à pleurer comme un enfant.

Ensuite, j’ai demandé à David pourquoi il voulait porter plainte contre son papa. En fait, il ne connaît pas cette expression "porter plainte", il dit que la police doit aller chercher son papa pour  le mettre en prison.

Il m’a expliqué que son papa l’avait violemment frappé avec un objet parce qu'il voulait prendre sa famille dans ses bras. Il m’a dessiné l’objet en question, je ne vous dit pas de quoi il s’agit, c’est effrayant.

David a beaucoup pleuré. Il m’a dit : « Toi je t’aime, j’aime Florence, François, Monsieur Michez (il a cité beaucoup de personnes) mais mon papa je ne l’aime pas.

David a raison, ce n’est pas lui qui devrait être en prison.

 Il m’a montré le petit bracelet brésilien que lui a offert un gardien. Il a ensuite regardé mes poignets et était triste parce que je n’avais pas reçu de petit bracelet. J’ai eu droit à un bisou sur chaque poignet.

J’ai demandé à David s’il  savait que la date de son anniversaire était proche.
Il m’a répondu : « le 14 ou bien le 15 » (c’est le 15 novembre) mais combien je ne sais pas.
Je lui ai expliqué qu’il allait avoir 24 ans puis je lui ai demandé quel âge j’avais. Il m’a répondu : « 24 ».

Je lui ai alors montré mon âge en comptant sur les doigts, il m’a dit « oh la la » et il s’est mis à rigoler.

Les gardiens m’ont dit que David était leur petite mascotte.

Ils m’ont expliqué qu’ils avaient déjà essayé d’alerter les médias concernant David lorsqu’il est arrivé en prison mais sans succès.

Ils sont contents que d’autres aient pu le faire, ils n’envisagent pas que David finisse sa vie aux Marronniers.
Lorsque je suis partie, David avait sa petite mine toute triste.

De tout coeur avec David
 
Danièle Manouvrier
 
 Ps: David ça veut dire "bien aimé", en ce qui me concerne, c'est vrai !

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Je prie de tout mon coeur pour David Mairaux qui est si innoncent,qui ne recoit pas l'affection maternelle(ni la langue des signes maternelle),qui ne connait pas bien la langue des signes,ni la langue française,comment se défendre et LA JUSTICE ???
Il ne mérite pas de souffrir encore!!!
Je vous supplie de l'aider,le consoler quant il va mal au lieu de provoquer les problèmes.
j'ai appris qu'il a volé la voiture de l'éducatrice ,mais j'aimerais que celle ci se met à la place de David (qui s'exprime comme un enfant de 5 ans),il suffit de le corriger au lieu de l'amener en prison?!
Je crois qu'il faudrait trouver des moyens pour le former dans un établissement adapté ainsi être accompagné lors d'une sortie eventuelle ...etc.
JE ME DEMANDE POURQUOI LES MEDECINS ORL NE CONNAISSENT PAS LA CULTURE SOURDE NI UN PEU LA LANGUE DES SIGNES AFIN DE MIEUX INFORMER
A TOUS LES PARENTS D'UN ENFANT SOURD ET LES FAIRE RASSURER AFIN DE MIEUX PROTEGER LES SOURDS DANS L'AVENIR!
AIDE DAVID SVP merci.

Monique Becker

Je m’appelle Florence, actuellement, je suis professeur de langue des signes pour  adolescents sourds  à Ghlin

A l’époque, j’étais éducatrice dans l’enseignement spécial où étais David.

Là, je l’ai vu grandir, vraiment il était un enfant très mignon avec qui  je communiquais en langue des signes.

Il était passionné par la section d’horticulture, il faisait du beau travail.

Il venait aussi au Groupe Biblique pour Sourds, là il était encore plus mignon car il s’exprimait avec des petits dessins …

Vraiment, c’est impensable de le voir en prison, vraiment là, je suis allée deux fois lui rendre visite en prison  et c’est honteux de voir un jeune homme comme David effondré et de le voir aussi mal, et il pleure vraiment comme un enfant. C’est vraiment de l’injustice et surtout qu’il n’est pas responsable de ses actes !!

Ce que je souhaite, c’est qu’on le sorte de la prison le plus vite possible pour le placer dans un centre adapté  où il aura beaucoup d’affection car il en a énormément besoin et qu’on s’occupe bien de lui.

Chère Danièle, continue à te battre pour David et c’est avec l’aide de Dieu que tu y arriveras et cela avec le Groupe Biblique pour Sourds.

Voici un beau verset biblique : Avec Dieu, tout est possible !

Battons-nous tous ensemble !

S’il vous plaît, aidez David

 

Florence Musin

 

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Méditation

 

 

 

 

 

« ..afin que Ma puissance s'exprime à travers vos faiblesses... »  2 Corinthiens 12.9

Hélène Keller n'avait que dix-neuf mois quand elle contracta la maladie infantile qui la priva de l'ouïe et de la vue.  A cette époque, on qualifiait de retardés mentaux les enfants sourds-muets, mais les parents d'Hélène luttèrent contre ce préjugé et engagèrent Anne Sullivan comme professeur particulier de leur petite fille.  Grâce à elle Hélène apprit à lire et à écrire en Braille.  Elle finit par décrocher un diplôme avec mention à l'université de Radcliffe avant de consacrer sa vie à aider les autres.

 

 

 


Le millionnaire philanthrope Andrew Carnegie lui paya un salaire régulier et de célèbres écrivains comme Mark Twain et Robert Louis Stevenson parlèrent d'elle avec admiration.  La plupart des Présidents des États-unis qui furent ses contemporains l'invitèrent à la Maison-Blanche .  Son exemple de courage et de dévotion continue d'inspirer notre génération, bien après sa mort en 1968.  On lui demanda un jour s'il y avait une condition pire que la cécité, à quoi elle répondit en souriant : « Oui, c'est de n'avoir aucune *vision concernant le plan de Dieu pour notre vie ! »

A douze ans Thomas Edison devint lui aussi pratiquement sourd, au point que ses professeurs suggérèrent qu'il fût placé dans un institut spécialisé. Thomas se servit de son handicap pour apprendre à se concentrer sur son travail et à ne pas se laisser distraire par quoi que ce soit. Cet enfant que l'on avait catalogué comme "presque retardé" offrit au monde plus de mille inventions parmi lesquelles l'ampoule à filament, le phonographe et la caméra !
Comment définir qui, parmi les humains, est "normal"? En fonction de quel critère est-on catalogué comme tel, en fonction de sa taille ou de sa richesse ? En vérité Dieu nous a accordé à tous des qualités et des talents uniques qu'Il veut nous voir exploiter et mettre à profit. Les vrais handicapés ne sont pas les hommes nés avec de graves problèmes physiques ou mentaux, mais plutôt les gens dits normaux qui ont accepté l'apathie et la médiocrité comme parts essentielles de leur vie. Dieu a dit : "Ma puissance s'exprime à travers vos faiblesses" ; vous avez donc le choix entre laisser les difficultés de la vie vous submerger ou leur permettre de vous inciter à lutter et à aller de l'avant. A vous de choisir

 

 

 

Bob Gass

 

 

Tu vois ce que je veux dire
(publié en septembre 2006)




Témoignage de Florence

 

 

 

 

Je m’appelle Florence Musin, j’ai 32  ans. Je suis  sourde profonde depuis ma naissance. Mes parents sont entendants. Ma surdité a été diagnostiquée à l’âge de 2 ans et demi, elle est la conséquence de la rubéole contractée par maman pendant sa grossesse.

 

 

 

 

Permettez-moi de vous décrire, ici, mon parcours scolaire. Dès la maternelle, j’ai été intégrée dans une école ordinaire, j’habitais alors Chimay où il n’y avait pas d’enseignement spécialisé. Par la suite, le passage à l’école primaire a été difficile car je ne pouvais comprendre  les explications de la maîtresse. Ma première année s’est, évidemment,  soldée par un échec.

 

 

C’est alors que mes parents ont  pris la résolution de m’inscrire dans une école spécialisée à Ghlin. Nous avons donc étaient contraints de déménager  afin de m’éviter  un placement en internat. C’est ainsi qu’à  l’âge de 7 ans je rencontrais pour la première fois d’autres enfants sourds. Je ne connaissais pas leur langue et me sentais à la fois perdue et fascinée par ce flot de gestes. Très vite, à leur contact, j’appris naturellement la langue des signes car elle n’était pas encore enseignée dans les écoles. A  la vue de mes bons résultats  scolaires, les professeurs ont suggéré pour moi une intégration partielle.  Je me rendais au cours le matin à l’école ordinaire et rejoignais mes amis sourds l’après-midi. Par chance nous étions deux sourdes intégrées dans la même classe. Mais le temps nous paraissait long car l’institutrice expliquait la leçon à l’ensemble de la classe et s’occupait ensuite de nous. C’est pourquoi, dès la 4ème année, mon amie a choisi de retourner dans l’enseignement spécialisé et je l’y ai suivie.  J’y  suis restée jusque la 4ème secondaire, ensuite, j’ai choisi de suivre une formation de puéricultrice. Heureusement, Les professeurs de l’enseignement spécialisé m’accompagnaient au Nursing. Ils m’aidaient pendant les cours  et  le soir à la maison. Mais cela suscitait beaucoup de jalousie de la part des autres élèves et malgré tous les efforts et la gentillesse de ma seule amie entendante, je ne me sentais pas vraiment acceptée. Néanmoins, j’étais  très motivée et  réussissais mes études. 

 

 

Il me restait deux rêves : retourner dans l’enseignement spécialisé pour y devenir professeur et assister à un culte protestant en langue des signes. Jusque là mes parents joignaient tous leurs efforts pour m’expliquer ce qui était enseigné chaque dimanche.

 

 

Peu après avoir été diplômée, j’ai été engagée dans un home pour personnes âgées. J’avais de bonnes relations avec celles-ci  mais me sentais mise à l’écart par le personnel. Quelques années plus tard, j’ai été licenciée suite à une restructuration.

C’est à cette époque que j’ai appris l’existence d’un groupe d’étude biblique en langue des signes auquel j’assiste encore régulièrement ce qui me permet, par ailleurs, de m’intégrer au culte.

 

 

Dans les jours qui ont suivi mon licenciement, j’ai été contactée par mon ancienne école qui me proposait un travail d’éducatrice. J’acceptais et devins la première personne sourde éducatrice de cette école. Mes relations avec les élèves sourds étaient excellentes, c’est pourquoi je décidai de suivre une formation d’enseignante afin de les aider au mieux. Je réussis mes études malgré toute les difficultés que cela engendrait car je ne  bénéficiais pas d’une interprétation en langue des signes mais d’une aide à la prise de notes. Deux années plus tard, j’étais diplômée et dans les mois qui suivirent, j’enseignais la langue des signes à mes chers élèves.

 

 

 

 

C’est avec l’aide de Dieu que  se sont réalisés mes deux rêves…

 

 

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publié dans : Témoignages
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